Un collectif de médecins souhaite vulgariser cette pratique permettant d’interrompre les grossesses dans le respect de la déontologie médicale et conformément à la loi.

« Nous recevons environ trois à quatre cas d’avortements non sécurisés avec complications chaque jour. A l’époque, nous passions des jours sans recevoir un seul cas ». Le chef de service de gynécologie à l’Hôpital central de Yaoundé, Dr Filbert Eko est inquiet de la situation qui va grandissante dans la formation sanitaire. Le médecin spécialiste déplore surtout l’ignorance des patients sur ce sujet considéré comme tabou.

L’Organisation mondiale de la Santé définit l’avortement comme une interruption spontanée ou provoquée de grossesse avant 22 semaines ou l’expulsion d’un fœtus de moins de 500g. Au Cameroun, la période de viabilité est fixée à 28 semaines, compte tenu du plateau technique. Depuis bientôt deux ans, la Société des gynécologues et obstétriciens du Cameroun (Sogoc) porte un plaidoyer en faveur de l’avortement sécurisé à travers le projet Advocacy for Comprehensive Abortion Care (Acac). Cette pratique renvoie à un avortement fait par un personnel qualifié, formé et habilité dans un environnement adéquat. Elle est autorisée par la loi camerounaise dans certaines conditions. Mais lorsque ces conditions ne sont pas respectées, c’est un basculement vers l’illégalité.

Le Code pénal a défini le cadre et les conditions à respecter pour toute interruption de grossesse. En effet, l’article 337 dispose que : « Est puni d’un emprisonnement de 15 jours à un an et d’une amende de 5000 F à 200 000F ou de l’une de ces deux peines seulement la femme qui se procure l’avortement à elle-même ou qui y consent ». La loi camerounaise crée une exception à l’article 339 en stipulant que ces peines ne sont pas applicables « si les faits sont accomplis par une personne habilitée et justifiés par la nécessité de sauver la mère d’un péril grave pour sa santé ; en cas de grossesse issue d’un viol, l’avortement médicalisé ne constitue pas une infraction après attestation du ministre public sur la matérialité des faits ». 

En mars 2018, le ministère de la Santé publique a publié un document sur les normes et les standards en matière de santé de reproduction au Cameroun. Le chapitre consacré à l’avortement thérapeutique rappelle ce qui rentre dans cette catégorie. En plus du cadre défini par la loi, ce document indique que cette pratique est réalisée sous certaines conditions. Au cas où la mère souffre d’un cancer du sein, de l’ovaire ou du col de l’utérus.

Pareil pour toute femme sous chimiothérapie, radiothérapie ou tout traitement anticancéreux. La pratique est également recommandée en cas de pathologies médicales graves, de viol ou de troubles psychiatriques. Du point de vue de l’enfant, ce document indique la condition d’une malformation embryonnaire avec des conséquences graves sur l’état de la mère, ainsi que des infections congénitales graves. Face au risque d’écoper d’une sanction, le plaidoyer en faveur de l’avortement sécurisé émerge de plus en plus.

Pour démystifier la pratique et davantage, l’encadrer. La journée mondiale célébrée chaque 28 septembre dans le monde entier, permet de rappeler à certaines femmes qu’il est possible d’effectuer un avortement sécurisé en respectant la loi camerounaise, sans risque d’être punies. 

2005 – 2020 camer.be

Source: https://www.camer.be/mobile/82387/13:1/cameroun-avortement-securise-une-alternative-aux-methodes-hasardeuses-cameroon.html

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