Dans les familles ou en entreprise, le mois considéré comme le plus long oblige à adopter des solutions de survie.

Une matinée particulièrement déserte. A l’agence ProAssur d’Acacias à Yaoundé, aucun client ne s’est pointé ce mardi à 9h30. Pourtant, janvier est le mois où l’entreprise d’assurances fait de gros chiffres. Parce qu’il faut payer l’assurance des véhicules et les vignettes, exigibles dès le début de chaque année. « Nos clients se plaignent d’une année difficile, du fait du Covid-19. Mais, on veille à leur rappeler le délai pour le paiement, au risque d’une interpellation lors des contrôles », indique Estelle Bambo, cadre dans l’agence. En effet, il faut débourser pas moins de 25 000 F pour la vignette et autant pour l’assurance du véhicule. « Beaucoup optent pour des paiements en plusieurs tranches. Souvent deux ou quatre mois, au détriment du paiement annuel », ajoute-t-elle. La veille lundi, elle dit avoir reçu seulement deux clients et encaissé le versement à distance de deux autres. Telle est la réalité pour les automobilistes, contraints de composer avec la dureté des lendemains de fêtes.
Le mois le plus long paraît en même temps le plus fastidieux. Certains sont donc contraints de trouver des stratégies pour ne pas trop encaisser les coups. « Je m’arrange à faire des réunions et cotisations durant l’année qui aident vraiment », relève Lydia Tchouen, cadre d’entreprise. D’autres disent avoir entériné cette approche depuis quelques années. « Je refuse de penser à la galère de ce mois. Cela ne doit plus faire partie de mon quotidien. J’ai appris à dépenser plus intelligemment et à éviter le superflu », confesse Carine Ango.
Le défi que représente la gestion de janvier ne concerne pas tout le monde. Spécialisée dans la commercialisation des bocaux en verre, Mireille Flore Chandeup se montre sereine. « Pendant le mois de décembre, beaucoup ont consommé des produits issus de la transformation agro-alimentaire. Des producteurs ont épuisé leurs stocks de bocaux et sont en train de les renouveler », dit-elle. «  En février, ils vont beaucoup produire pour préparer Promote. Mes ventes sont fonction des événements liés à la promotion du made in Cameroon », ajoute la commerçante. Cette sérénité n’est pas autant partagée dans les églises. Les effets de la difficulté du mois pour les fidèles y sont palpables. « La première semaine de janvier est généralement mini congé, puisque les prêtres ont été épuisés par les célébrations de Noël et Nouvel An. Ensuite, il y a les célébrations de mariages quasiment tous les samedis de janvier et même février », révèle l’Abbé Lewis Ngantchouko, prêtre. « L’abondance dont on bénéficie en décembre nous permet de venir en aide aux véritables nécessiteux en janvier », ajoute-t-il. Pour tous, l’expression vivre avec parcimonie prend tout son sens en janvier.
 

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Source: https://www.cameroon-tribune.cm/article.html/37637/fr.html/gestion-de-janvier-strategies-pour-eviter-le-gouffre

News – Gestion de janvier : stratégies pour éviter le gouffre