San Francisco s’est attaqué mardi à DoorDash, l’un des services de livraison de repas à domicile les plus populaires aux Etats-Unis, l’accusant de considérer ses livreurs comme des travailleurs indépendants et non des salariés. La Californie a adopté fin 2019 une loi qui doit contraindre les géants de «l’économie du partage» («gig economy»), comme Uber, à requalifier les chauffeurs et livreurs en employés.

«La classification erronée des travailleurs les prive des protections sociales auxquelles ils ont droit, comme le salaire minimum et le paiement des heures supplémentaires, l’assurance chômage et la protection contre les discriminations, entre autres choses», a argumenté le procureur du district, Chesa Boudin. «Plus que jamais, avec la pandémie de Covid-19, nous devons protéger nos travailleurs, surtout les travailleurs essentiels qui nous livrent des repas tous les jours». Le procureur enjoint DoorDash de «reclassifier correctement» ses livreurs et cherche à obtenir des dédommagements pour eux.

Le procureur général de la Californie avait assigné début mai en justice Uber et son concurrent américain Lyft pour le même motif. Uber avait déjà pris les devants le 31 décembre, avec la start-up de livraison Postmates, pour attaquer en justice la loi dite «AB5», dans une tentative de préserver un modèle économique contesté de toutes parts dans le monde, et qui n’a jusqu’ici jamais dégagé de bénéfices. Les deux entreprises brocardent une loi «irrationnelle» ciblant l’économie des employés indépendants tout en exemptant certaines professions, comme «les représentants de commerce, les chauffeurs de camion de construction ou les pêcheurs commerciaux».

A San Francisco, les chauffeurs indépendants semblent partagés entre l’inquiétude à l’idée de perdre la flexibilité dont ils disposent actuellement en termes d’horaires et le manque de couverture sociale.

DoorDash n’a pas pu être joint dans l’immédiat. Fondée en 2013 par des étudiants de l’université de Stanford, dont Andy Fang et Tony Xu, cette entreprise livre aux particuliers des commandes passées auprès de restaurants, y compris les chaînes de fast-food. En féroce compétition avec Uber Eats, Postmates, GrubHub ou Deliveroo, elle est désormais présente dans tous les Etats-Unis, ainsi qu’en Australie et au Canada. Elle a annoncé fin février avoir lancé le processus lui permettant d’entrer à Wall Street, où elle pourrait valoir plus d’une dizaine de milliards de dollars.

Genève considère comme employé les Uber ou Uber eat, etc Si ces entreprises sont pas contentes elles ferment boutique et laissent place aux start up helvétiques locales.

Source: https://www.lefigaro.fr/flash-eco/san-francisco-enjoint-a-doordash-de-donner-a-ses-livreurs-le-statut-d-employes-20200617

World news – CA – San Francisco enjoint à DoorDash de donner à ses livreurs le statut d’employés

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